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De 1960 à nos jours

17/07/2008

Les années 1960, c’est le temps de l’émergence d’un pétrole roi et bon marché, même s’il en a peu en France. L’état doit trouver un équilibre raisonnable entre indépendance énergétique, avec un charbon national qui vit ses derniers instants, et compétitivité pour produire une électricité essentielle au développement d’une économie moderne. Dans ce contexte, à l’orée des années 70, le CEA va profondément évoluer.

Il devient le conseil et l’associé d’une industrie nouvelle qu’il contribue à créer, et qui prendra progressivement la pleine responsabilité de la construction des outils de production. C’est aussi le temps de révisions déchirantes, avec en particulier le choix par EDF de la filière des réacteurs à eau pressurisée et l’abandon du développement la filière graphite-gaz.
Entrée du centre de Saclay en 1967  

Moins isolé, le CEA s’engage plus intensément dans des coopérations nationales et internationales, dans le domaine de la physique par exemple, et accentue son appel à une industrie qui est devenue très performante. Le centre de Saclay pour sa part n’est plus seul au sein du CEA et les centres de province ont pris une importance considérable et disposent d’outils modernes.

 

 

Les trente dernières années du siècle sont aussi marquées par la montée d’oppositions aux sciences et technologies nucléaires, qui culmineront suite aux accidents de Three Mile Island, puis Tchernobyl. Malgré le soutien des gouvernements français successifs, soucieux de promouvoir une énergie nationale compétitive, les débats sont intenses et touchent tous les centres du CEA. Les mouvements antinucléaires freinent considérablement certains projets, les laboratoires d’étude des stockage en sites profonds par exemple, et obtiennent l’arrêt du fleuron des réacteurs rapides à sodium, Superphénix, en 1997. Le succès de l’industrie nucléaire française et sa contribution à une indépendance énergétique retrouvée ne suffisent plus (la France a produit en 2001 autant d’électricité avec ses centrales nucléaires qu’elle en a consommé !) et le CEA doit apprendre à expliquer et justifier ses programmes. Saclay ne sera pas en reste qui reçoit des milliers de visiteurs chaque année, ouvre ses laboratoires, et crée dès 1995 le Groupe de travail CEA Saclay et son environnement. En 1998, le Président du Conseil général de l’Essonne officialise cette démarche et institue la Commission locale d’information.

En 2000, le devenir énergétique du pays est de nouveau en question car en deux ou trois vies d’homme le pétrole et le gaz auront été en grande part épuisés dans le monde et seront devenus le privilège de quelques-uns. L’effet de serre, dont l’impact semble aujourd’hui inéluctable, doit être freiné, puis maîtrisé. Une énergie nucléaire sûre, économe et efficace associée a toutes les énergies non émettrices de gaz carbonique est incontournable en France et ailleurs. Notre industrie nucléaire détient des atouts considérables : elle est la plus complète aujourd’hui et les technologies nécessaires à la maîtrise de ses rejets et de ses déchets sont disponibles. Nous disposons de vingt ans, grâce aux acquis de nos prédécesseurs, pour imaginer et mettre au point les usines nucléaires du futur. Ce n’est pas trop et, juste retour des choses, bien des idées des années cinquante et soixante vont resurgir, adossées à des procédés, technologies et matériaux modernes. Il ne faut plus se limiter à la simple production de l’électricité et l’énergie nucléaire pourra par exemple fournir une chaleur à haute température, contribuer à la production d’hydrogène comme comburant pour véhicules propres et à la satisfaction des besoins en eau douce des pays secs par dessalement des eaux saumâtres.

Les idées qui ont été à l’origine de la création du CEA restent pour l’essentiel valables. Science et industrie, théorie et pratique, doivent rester associées et s’enrichir réciproquement. Le contexte dans lequel évolue le CEA s’est considérablement modifié et a exigé un effort permanent d’adaptation de notre organisation. Nos interlocuteurs sont plus nombreux, ministères, départements et région, communauté européenne, et le monde de la technologie est devenu plus ouvert et plus compétitif. Le centre CEA de Saclay, centre polyvalent par excellence, poursuivra sa mission aux frontières entre la science et la technologie, entre les sciences nucléaires et les autres disciplines scientifiques. Intégré dans une économie régionale en pleine expansion et l’espace européen, il doit rester un centre de recherche de référence au niveau mondial, dans lequel des générations d’étudiants, techniciens, ingénieurs et scientifiques seront formés et créeront les technologies de demain.