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Surveillance de l'air

30/06/2008

Les cheminées de toutes les installations sensibles du centre CEA de Saclay sont équipées de filtres destinés à réduire le plus possible l'émission de radionucléides dans l'atmosphère et d'appareils contrôlant la radioactivité de l'air. A l'extérieur du centre, six stations de surveillance analysent également la radioactivité de l'air.

La manipulation de radioéléments en laboratoire s'accompagne d'une série de mesures destinées à protéger tant le personnel que les riverains. Ainsi, l'air extrait des installations est filtré avant d'être rejeté dans les cheminées.
Les filtres qui retiennent les particules fines (aérosols) font l'objet d'une surveillance en continu et d'analyses a posteriori. Les gaz qui traversent ces filtres sans être piégés sont contrôlés en continu dans une chambre d'ionisation. Les iodes sont quant à eux retenus dans des pièges spécifiques en charbon actif. Des mesures plus sensibles encore sont effectuées en différé dans le laboratoire d'analyse sur des échantillons représentatifs prélevés à la cheminée.

 


Un tableau de bord de la radioprotection
Dans cette installation, comme dans les autres, la radioactivité est mesurée à l'intérieur des laboratoires et en sortie de cheminées. L'ensemble des données est reporté en temps réel sur le tableau de contrôle des rayonnements. Celui-ci est surveillé à la fois par les exploitants et à un échelon centralisé, par les spécialistes de radioprotection du SPR. La moindre anomalie est détectée instantanément, elle déclenche sur place des alarmes sonores et un agent du SPR intervient aussitôt.

 

 

Des sentinelles de l'air

A l'extérieur du centre, six stations de surveillance de l'environnement suivent sans relâche la qualité radiologique des aérosols et des gaz de l'air ambiant. Dans chaque station, près de 60 m³ d'air à l'heure sont aspirés et traversent un filtre qui retient les poussières ou aérosols afin d'analyses. Plus de 1 400 m³ d'air sont donc analysés quotidiennement dans chaque station.

 

 

Les filtres sont comptés en continu, changés quotidiennement, puis comptés à nouveau six jours plus tard au Laboratoire d'analyses nucléaires du SPR, le temps que la radioactivité naturelle due au radon ait en grande partie décru. Chaque mois, les filtres sont regroupés pour permettre une analyse cumulative par spectrométrie gamma afin de rechercher avec plus de sensibilité encore les éventuelles traces de radioactivité. Les gaz radioactifs sont analysés en continu dans des chambres d'ionisation, comme dans les installations. La teneur en iode est spécifiquement surveillée.
Filtre prélevé le 17/05/2007 à St-Aubin © CEA  
 
 

Du gaz dans l'eau

Etant donné son rayonnement trop peu énergétique, un gaz, le tritium, peut passer inaperçu dans les chambres d'ionisation. L'analyse du tritium dans l'air est effectuée par scintillation liquide à partir d'échantillons d'eau provenant de flacons de barbotage de l'air ambiant.
Des pluviomètres complètent les moyens d'analyses des stations de surveillance, destinés surtout à contrôler la teneur en tritium des eaux de pluie.

 

 

Quelle dose ?

Une trentaine de dosimètres situés sur la clôture et à proximité du centre sont relevés mensuellement et lus par les spécialistes du SPR.
Ces pastilles de verres radiophotoluminescents voient leur structure cristalline perturbée sous l'effet de rayonnements gamma et enregistrent ainsi des « informations » qui sont restituées par lecture laser.
Le verre émet alors de la lumière d'intensité corrélée avec celle du rayonnement.
Les résultats des mesures montrent globalement des doses représentatives de l'exposition naturelle ambiante.
Dosimètre de St-Aubin © CEA  
 
 

Que retenir des mesures ?

(les chiffres précis figurent dans le supplément « Surveillance de l'environnement »)

  • Les mesures sur les gaz et sur les aérosols montrent la nette prédominance de la radioactivité naturelle par rapport à la radioactivité artificielle.
  • Elles font notamment ressortir la présence majoritaire de radon et de ses produits de décroissance.
    Le radon est un gaz radioactif naturel dont les produits de décroissance, également radioactifs, s'agrègent à des poussières. Il vient de l'uranium et du thorium naturels présents dans les roches du sous-sol, en quantités variables suivant les conditions météorologiques.
    Les traces de radionucléides artificiels sont essentiellement constituées de césium 137, de tritium, de carbone 14 et d'argon 41.
    Le césium 137, présent à des niveaux extrêmement bas, est un radioélément artificiel qui provient des retombées d'essais nucléaires aériens anciens et de l'accident de Tchernobyl.
    La présence de tritium et de carbone 14 est naturelle pour une part. Elle résulte également des activités du centre CEA, notamment les recherches en biologie sur les molécules marquées.
    L'argon 41, un gaz rare de très courte période radioactive, résulte du fonctionnement des 2 réacteurs de recherche OSIRIS et ORPHEE.
  • L'impact dosimétrique sur l'air de l'activité du centre CEA de Saclay, pour un habitant vivant à proximité immédiate du site est inférieure à 0,001 millisievert par an , à comparer à la dose naturelle moyenne en France qui s'élève à 2.4 milliSievert par an. Il se situe bien en dessous de la norme Euratom sur l'air (0,1 millisievert par an).