http://www-centre-saclay.cea.fr/fr/layout/set/print/Une-etonnante-facon-d-etudier-les-especes-disparues

Une étonnante façon d'étudier les espèces disparues

12/04/2012

En analysant les excréments fossilisés d'hyène des cavernes, les chercheurs de l'Ibitec-S au CEA-Saclay, en collaboration avec le Genoscope d'Évry, ont réussi à obtenir le génome mitochondrial complet et une fraction du génome nucléaire de ce carnivore disparu durant la dernière période glaciaire, ainsi qu'une partie du génome des animaux qu'il avait ingéré.

Les équipes de l'Ibitec-S et du Genoscope (CEA/CNRS/Université d’Évry) ont utilisé un moyen original pour étudier à la fois le génome et l'alimentation de la hyène des cavernes dont la disparition pourrait remonter à 25 000 ans.

Alors que la majorité des études classiques de Paléogénétique consistent à travailler sur des ossements, ils ont analysé les excréments fossilisés d’hyène des cavernes. De tels échantillons, les coprolithes, sont en effet susceptibles de contenir à la fois l'ADN du prédateur-charognard et de ses proies. Les chercheurs ont décidé d'appliquer à des coprolithes d'une grotte des Pyrénées Ariégeoises les méthodes d'analyse globale de l'ADN qui permettent, sans sélection a priori, de séquencer tout le matériel génétique d'un échantillon.

Les résultats obtenus ont apporté des données essentielles. En effet, la quantité d'ADN animal présent dans les coprolithes est dix fois plus importante que celle retrouvée dans des ossements du même âge. Le séquençage direct du matériel génétique extrait par les chercheurs a livré le génome mitochondrial complet de l’hyène des cavernes, ainsi qu’une fraction importante de son génome nucléaire. Ces informations ont permis d'établir une phylogénie de la famille des hyènes (Hayenidae), montrant le lien de parenté étroit existant entre les hyènes tachetées actuelles d'Afrique et les hyènes des cavernes d'Eurasie. Plutôt qu'une espèce distincte, l’hyène des cavernes correspondrait à la forme eurasiatique ancienne de l'hyène tachetée.

 

Pour en savoir plus : cette actualité sur le site Internet la direction des sciences du vivant du CEA.